Eglise

Confession du péché : Pourquoi tant de culpabilisation ?

Dans nos liturgies, nous avons généralement un temps de repentance et d’annonce de la grâce (qui s’insère dans le temps de l’accueil). Pour celles et ceux qui participent au culte, ce temps est reçu différemment. J‘ai dernièrement un paroissien qui m’a confié son malaise avec cette partie de la liturgie perçue comme culpabilisante. Qu’en est-il ?

Repentance / Confession du péché

Dans le vocabulaire d’Eglise les termes de « repentance » et de « confession du péché » (ou des péchés parfois) semblent interchangeables. Ils décrivent pourtant des réalités bien différentes.

Confession du péché ou des péchés ?

Commençons par la question du péché : au singulier ou au pluriel ? Lorsque nous entendons le mot « péché », nous vient en tête l’idée d’une sorte de liste de toutes nos mauvaises actions. Comme nous en commettons de nombreuses, il paraît alors normal d’évoquer « les péchés » au pluriel. Un petit tour dans le texte biblique nous informe que dans la majorité des cas, il est question « du péché » au singulier, comme dans la toute première mention du péché dans la Bible.

Si tu agis bien tu relèveras la tête, mais si tu n’agis pas bien, le péché est tapi à ta porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui.

Genèse 4:7 (Traduction Segond Révisée 1978)

Le péché, désigné au singulier, est ainsi personnifié. Il apparaît comme une force, une puissance qui agit contre nous. Nous faisons tous cette expérience d’une puissance qui agit contre nous et à travers nous, qui nous mène malgré nous à agir contre notre propre conscience.

Nous sommes (presque) tous d’accord pour dire qu’il est mal de mentir, voler et faire du mal, et cela indépendamment de notre origine et de nos confessions religieuses. Et pourtant, nous faisons tous cette expérience que Paul décrit en ces termes :

Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas.

Romains 7:19 (Traduction Segond Révisée 1978)

Ainsi, lorsque nous confessons notre péché, nous ne sommes pas en train de chercher à tout prix à trouver des choses à nous reprocher. Ni à faire la liste de toutes nos fautes et erreurs, au risque d’ailleurs d’en oublier un certain nombre. Confesser son péché, c’est reconnaître notre inadéquation, notre incapacité à vivre en accord avec nous-mêmes et avec Dieu. C’est se reconnaître impuissants fasse à notre nature propre.

Repentance

La différence entre confesser son péché et se repentir, est qu’il est possible de vivre le premier sans le second. Je peux reconnaître être soumis au péché, mais ne pas éprouver le désir de m’en détourner pour revenir à Dieu. C’est cela la repentance. C’est être dans une disposition intérieure, produite par la réalisation que je suis sous l’emprise du péché et donc de la mort, qui me conduit à revenir humblement vers Dieu et éprouver le désir sincère de changer de vie. Le mot grec qui se cache derrière le mot français de repentance est « metanoia » (μετανοια), et il signifie « changer d’avis ».

En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance qui mène au salut et que l’on ne regrette pas, tandis que la tristesse du monde produit la mort. 

2 Corinthiens 7:10 (Traduction Segond Révisée 1978)

Nous pouvons penser au personnage de Zachée (Luc 19:1-10). Ayant mal agi, il réalise sa faute suite à la rencontre avec Jésus. Non seulement il reconnaît sa faute, mais il manifeste un changement de vie, une repentance, en proposant spontanément une réparation. Son offre de réparer les torts commis n’intervient pas afin d’obtenir le Salut, mais bien parce qu’il l’a déjà obtenu.

Une autre figure de la repentance est le fils cadet de la parabole des deux fils (Luc 15:11-32). Ayant pris conscience de sa faute vis-à-vis de son père, il se décide à revenir vers lui. Son père est alors là à l’attendre et, dès qu’il l’aperçoit en train de revenir, cours à sa rencontre. Il ne le laisse pas terminer sa phrase qu’il organise déjà une fête en l’honneur de son retour. « Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. » (Luc 15:24)

Péché et annonce de la grâce

Parce que la repentance est toujours suivie de l’annonce de la grâce, et que cette grâce nous précède, la confession du péché ne peut être que joyeuse et libératrice. Cette grâce – qui n’attend qu’à être donnée – est manifestée par l’attente impatiente du père de voir son fils revenir dans la parabole du fils prodigue. Mais une grâce ne peut être reçue que si la repentance la précède. C’est comme si nos bras étaient chargés par le péché, et tant qu’ils restent encombrés, nous ne pouvons recevoir la grâce, tellement ce cadeau est immense. Le seul moyen de recevoir cette grâce est de nous décharger entièrement de notre péché sur Jésus à la Croix, et cela passe par la repentance.


[Ajout du 20 avril 2022] En 2 minutes et 20 secondes, cette vidéo condense ce que j’ai essayé de développer dans les lignes ci-dessous. A voir et à partager !

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