Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on répandra sur vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux, car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

Matthieu 5:10-12

De la paix à la persécution

Dans cette dernière béatitude, Jésus passe des faiseurs de paix à la persécution. De la réconciliation au conflit. Cela peut sembler être un retour en arrière. Nos expériences nous montre cependant que nous pouvons parfois chercher la réconciliation, et n’être reçus qu’avec dureté et méchanceté. Dans toute réconciliation, nous ne pouvons faire qu’une partie du chemin. Si le chrétien est appelé à faire preuve de miséricorde, d’honnêteté, de paix, et de justice, ces disposition ne sont pas toujours bien reçues en face. Se mettre à la suite du Christ, implique aussi de traverser des difficultés, comme la deuxième béatitude l’avait déjà relevé : « Heureux ceux qui pleurent ». 

Le disciple n’est pas plus grand que son maître

Jésus dira un peu plus loin dans l’évangile selon Matthieu que « le disciple n’est pas plus grand que son maître » (Matthieu 10:24). Cela signifie que comme Christ a souffert, le disciple du Christ souffre aussi. Bonhoeffer, un pasteur allemand qui a été exécuté pour s’être opposé au régime Nazi, a incarné cela de manière exemplaire. Il a écrit dans son livre « vivre en disciple » que « de même que le Christ n’est le Christ qu’en tant qu’il souffre et est rejeté, de même le disciple n’est disciple qu’en tant qu’il souffre, est rejeté et crucifié avec lui. »

Une espérance qui change tout

Mais le disciple, le chrétien, trouve de la joie dans la persécution. Car il a cette assurance que « le royaume des cieux est à lui ». C’est la deuxième fois que cette promesse intervient dans les béatitudes. Elle était déjà là avec la première, et encadre véritablement ce passage. Plus qu’une promesse à venir, c’est une assurance d’une réalité vraie pour aujourd’hui. Le Royaume des cieux est à eux.

Et au cas où nous voudrions nous y soustraire, laisser la persécution à d’autres, Jésus la répète une seconde fois, à la deuxième personne. « heureux serez-vous lorsqu’on vous persécutera ». Le retournement des valeurs traditionnellement exaltée est ici poussée à son paroxysme. Il fait écho à une autre phrase de Jésus que Matthieu nous rapport au chapitre 20 de son évangile : « les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. » (Mt 20:16)

C’est précisément ce retournement de valeur, cette exaltation du faible, du pauvre, de l’endeuillé, qui scandalise. Comment accepter un Dieu qui se fait lui-même pauvre, faible, jusqu’à mourrir sur une croix, tout ça par amour pour l’humanité ? Lorsque des communautés chrétiennes sont persécutées dans le monde, c’est précisément parce qu’elles sont perçues comme étant trop faibles, trop dangereuses pour des nations qui sont en quête de puissance. Sommes-nous prêts à vivre ce royaume qui renverse tout, jusqu’au bout ?

Catégories : Bible

Philippe Golaz

Pasteur dans l'EPG, je partage ici diverses réflexions, prédications et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

1 commentaire

Burnout: épuisement ou maltraitance professionnelle ? Quelques points de repères · 25 août 2020 à 11:14

[…] exemple, dans les Béatitudes, ces magnifiques paroles de […]

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