Bible

Béatitudes – Heureux ceux qui procurent la paix


Pour méditer la septième béatitude, je me suis installé dans l’Eglise catholique du Centre Paroissial Oecuménique de Meyrin. Vous verrez pourquoi. Dans cette béatitude, Jésus dit ceci :

Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu

Matthieu 5:9
Photographie de l'église de la Visitation, dans le Centre Paroissial Œcuménique de Meyrin.
Photographie de l’église de la Visitation, dans le Centre Paroissial Œcuménique de Meyrin.

Voilà une béatitude qui semble être un peu différente des autres. On peut alors penser avoir enfin trouvé une béatitude qui nous rejoint là où nous avons envie d’être rejoints, qui ne nous fasse pas sortir de nos zones de confort. Mais qu’est-ce que Jésus dit exactement quand il déclare heureux ceux qui procure la paix.

La paix, plus facile à dire qu’à faire

Il dit premièrement que la paix n’est pas une chose évidente et donnée. Elle doit être produite, faite. L’état initial est donc celui de l’absence de paix, de conflit, de tensions. Que ce soit avec d’autres, avec nous-mêmes ou avec Dieu.

Et deuxièmement, procurer la paix n’est pas une affaire de tout repos. Car il ne faut pas confondre paix et apaisement. L’apaisement signifie simplement que le conflit est atténué, diminué. Si j’apaise ma colère, je reste en colère, simplement elle ne s’exprime pas. La vraie paix, ne s’obtient pas sans que cela ne coûte quelque chose. 

D’abord, elle s’ancre dans la pureté du coeur du verset précédent. Car on ne saurait résoudre un conflit, quel qu’il soit, sans être humble, sincère et ouvert. 

Le prix de la paix

Ensuite, la paix est une réconciliation. Et toute réconciliation a un prix. Si je suis dans un conflit avec quelqu’un, il me faut supporter la peine de reconnaître ma faute et de demander pardon. Si j’ai été offensé, je dois supporter la peine de réprimander le fautif, ou de lui refuser le pardon s’il ne fait pas preuve de repentance. Jésus nous encourage à chercher la paix :

Si ton frère a péché, reprends-le, et, s’il se repent, pardonne-lui.Et s’il pèche contre toi sept fois dans un jour, et que sept fois il revienne à toi, en disant : Je me repens, tu lui pardonneras. 

Luc 17

Voilà un standard qui peut nous sembler impossible à atteindre. Je veux bien pardonner une fois, mais sept fois dans une journée ? Est-ce que vous en seriez capables ?

Un exemple d’efforts de paix

Ici à Meyrin, cela fait plus de 40 ans que réformés et catholiques travaillent à la réconciliation, à la paix, entre nos deux traditions chrétiennes. A l’origine de cette séparation, il y a un conflit, qui remonte au 16ème siècle. Dépasser ce conflit demande de faire des sacrifices, demande d’être inconfortable. Nous sommes constamment ici mis au défi de sortir de nos zones de confort, d’écouter l’autre même quand cela nous déplaît, d’essayer de comprendre sa position et son raisonnement. Inversement, d’entendre la critique qui peut nous être adressée. Avec la reprise des cultes, notre église protestante étant trop petite pour accueillir notre assemblée, c’est ici que nous célébrerons pour un temps. Voilà un beau geste de paix et d’amitié fraternelle, mais qui ne manquera pas de créer des inconforts de parts et d’autres.

Le prix ultime de la réconciliation

Dieu nous donne l’exemple ultime du prix de la paix et de la réconciliation :

« Il a voulu par Christ tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans le ciel, en faisant la paix à travers lui, par son sang versé sur la croix. »

Colossiens 1:20

Ce n’est pas étonnant alors que Jésus dise de ceux qui procurent la paix qu’ils seront appelés fils et filles de Dieu. Car Dieu n’a pas considéré que le prix de son propre fils était trop élevé pour être réconcilié avec nous1

Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu

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Notes

  1. Il ne faudrait pas ici être amenés à croire que Dieu avait une dette envers l’humanité, et qu’à la Croix il aurait payé cette dette par son sang. Si dette il y a, elle est due par l’humanité, au « bénéfice » de Dieu. Et Dieu choisit librement de supporter lui-même ce prix à la Croix. C’est ce que l’on appelle la grâce.[]

Pasteur dans l'EPG, je partage ici diverses réflexions, prédications et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

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