Ministère

Comment le confinement m’a permis de découvrir une nouvelle liberté

Les mesures de confinement prises ces derniers temps m’ont permis de découvrir une liberté dans le ministère dont je n’osais pas rêver. C’est paradoxal et ironique à la fois. Mais Dieu aime jouer avec l’ironie il me semble, n’est-ce pas? N’a-t-il pas dit : « Vos pensées ne sont pas mes pensées, mes façons de faire ne sont pas les vôtres. » (Esaïe 55:8) ? Bref. Voilà que du jour au lendemain, toutes nos activités, toutes nos habitudes, toutes nos petites traditions, ont été balayées d’un revers de main. Du jour au lendemain, il ne nous était plus possible de nous cacher derrière des « on a toujours fait comme ça ». Parce que soudainement nous nous sommes retrouvés projetés dans une situation et une réalité inédite.

C’est une page entièrement blanche qui nous a été offerte, sur laquelle nous pouvons redessiner les contours de l’Eglise et de l’humain à nouveaux frais. Et c’est une grâce qui nous est faite ici, à nous qui travaillons pour des institutions ecclésiales qui s’essoufflent. A nous de la saisir, chacun à sa manière. Il y a ceux qui vivent cette période de liberté débarrassés de l’agitation quotidienne du ministère. Ils en profitent pour remettre Dieu et la relation à Dieu au centre de leur existence. Moi, j’en profite pour m’aventurer dans des espaces jusqu’ici inexplorés. J’en profite pour écrire. J’en profite pour prier.

Lorsque cette crise prendra fin, car elle prendra fin, il nous faudra faire très attention à ne pas nous précipiter dans les bras de nos anciennes habitudes. Il nous faudra prendre le temps de faire le bilan de ce qui aura été vécu par les uns et les autres. Que les contemplatifs et les explorateurs prennent le temps de se parler. Et qu’ensemble, nous discernions la route à suivre.

Pasteur dans l'EPG, je partage ici diverses réflexions, prédications et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

One Comment

  • Plume

    Ne pas mettre la barre trop haut.
    Les ornières de nos habitudes sont profondes et si elles existent, elles nous facilitent la vie. Certes, la pandémie et le confinement nous permettent d’explorer d’autres manières d’être, de penser, de créer, de vivre Dieu, entre autre, nos relation à l’autre, et notre positions dans la société.
    Cela reste une adaptation en temps de crise, pour que ces nouvelles manières de vivre Dieu s’ancrent dans la réalité, il faudra lâcher du lest, s’alléger de chemins maintes et maintes fois parcourus, oser les chemins de traverses avec ce qu’il contiennent d’aventures et d’imprévus, d’inconnus.
    Au sortir de la crise, il y aura de la fatigue généré par ce temps de confinement, de l’espace pour reprendre nos bonnes vieilles habitudes qui sont faciles, connues.
    C’est maintenant que de nouvelles habitudes doivent se construire dans une perspective de durée définitive (à l’avenir je ferai comme ça et plus comme ça). Il faudra remettre l’ouvrage sur le métier de nombreuse fois.
    La crise reste toujours une opportunité d’ouverture à la création.
    Mais vouloir renoncer d’emblée à nos ornières est particulièrement gourmand en énergie créative, de temps, et de force psychique.
    Pour ma part j’admets toujours une sorte d’inertie. A l’image du coup de barre sur un navire, il faut du temps pour percevoir le changement de direction dans le sillage.

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