Bible

Je respecte la Bible, et je respecte les femmes

J’écris ceci en réponse à un article écrit par Olivier Bauer, Professeur de Théologie Pratique, Soit je respecte la Bible, soit je respecte les femmes. Le titre de son article est volontairement provocateur, et il y présente une lecture de quelques textes bibliques controversés qui se veut respectueuse du texte biblique. Si son article suscite une réaction aussi rapide de ma part, c’est qu’il présente une erreur d’importance : la citation hors contexte historique et littéraire des passages incriminés. Si il est habituel de lire ou entendre ces passages hors contexte dans les discours de la bien-pensance, cherchant à attaquer et/ou discréditer la Bible, c’est relativement rare de la plume d’un professeur de théologie. Bien que le professeur Bauer cherche dans son article à maintenir le texte biblique et une vision moderne de la femme, je crains que son approche vienne confirmer le politiquement correct dans la médiocrité de sa pensée. (N.d.A.: médiocrité de la pensée politiquement correcte, et non pas de la réflexion du Prof. Olivier Bauer)

Analyse des versets incriminés

Je vous propose ici de passer en revue rapidement les passages incriminés. Je n’ai pas le temps pour offrir une analyse de détail de chaque passage, mais vous verrez qu’un rapide coup d’oeil aux contextes littéraires et historiques permettent déjà d’y voir un petit peu mieux.

Que la femme porte un voile

Toute femme, en revanche, qui prie ou qui prophétise la tête non couverte déshonore son chef à elle. En effet, c’est exactement comme si elle était rasée. Si une femme n’a pas la tête couverte, qu’elle se tonde aussi les cheveux. Et s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux tondus ou d’être rasée, qu’elle se couvre donc la tête.
(1 Co 11:5-6)

Les écrits pauliniens ont la particularité d’être circonstanciels. Quand Paul écrit aux Corinthiens que les femmes doivent porter un voile quand elles prient ou prophétisent, cela implique que cette question était problématique, à Corinthe, au moment où Paul écrit. Cependant, Paul n’ordonne pas aux femmes de se couvrir la tête, il leur rappel qu’elles sont censées se couvrir. Nous sommes confrontés ici à une réalité sociales et culturelle où le voile était le signe qu’une femme était mariée. Une femme à la tête découverte indiquait alors qu’elle était sexuelle disponible, c’est-à-dire qu’elle était soit une prostituée, soit qu’elle trompait son mari (ouvertement!).

Probablement que les femmes (ou certaines en tout) de Corinthe avaient bien assimilé le message de Paul en Ga 3:28 « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ », indiquant que les critères de délimitations sociales de l’époque ne sont plus d’actualité en Christ. Cependant, dans l’exercice publique de la prophétie, il est également important de ne pas choquer de manière excessive celles et ceux qui sont encore enfermés dans ces modèles sociaux traditionnels.

Paul enseigne aux Corinthiens à se conformer aux codes sociaux du lieu et de l’époque, centrés sur la notion d’honneur, et qui demandaient alors aux femmes de se couvrir la tête.

Que vos femmes se taisent dans les assemblées

Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler, mais elles doivent se soumettre, comme le dit aussi la loi. Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leur mari à la maison, car il est inconvenant pour une femme de parler dans l’Eglise.
(1 Co 14:34-35)

Dans le passage précédent, Paul parlait du comportement des femmes lorsqu’elles prophétisent, un exercice publique et d’autorité. Pourquoi encourage-t-il alors maintenant les femmes à se taire ? Cela peut paraître d’autant plus étonnant que nous sommes toujours dans la première épître aux Corinthiens, juste trois chapitres plus loin. Les versets qui nous intéressent ici se situent dans un contexte littéraire plus large où Paul traite de problématiques liées aux dons de l’Esprit (chapitres 12-14). Dans les versets qui entourent notre texte, c’est la prophétie qui est sous les feux de la rampe, présentée par Paul comme étant supérieure au parler en langues.

Donc, a priori, l’exercice de la prophétie qui est reconnu aux femmes en 1 Co 11:5-6, leur serait soudainement interdit en 1 Co 14:34-35 ? C’est en effet ce qui semble apparaître si l’on ne tient pas compte des deux versets suivants : « Serait-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue? Si quelqu’un croit être prophète ou dirigé par l’Esprit, qu’il reconnaisse dans ce que je vous écris un commandement du Seigneur. » En considérant le « vos femmes », il semble donc que Paul s’adresse aux hommes de Corinthe, et reflète un discours qu’ils tenaient vis-à-vis des femmes. Un discours que Paul réfute immédiatement, encourageant les personnes, hommes ou femmes, à exercer le ministère de prophétie reçu.

La femme ne peut enseigner l’homme

De même, je veux aussi que les femmes, habillées d’une manière décente, se parent avec pudeur et simplicité, non avec des tresses, de l’or, des perles ou des toilettes somptueuses, mais plutôt avec des œuvres bonnes, comme cela convient à des femmes qui affirment honorer Dieu. Que la femme s’instruise paisiblement, dans une entière soumission. Je ne lui permets pas d’enseigner et de dominer sur l’homme, mais je lui demande de garder une attitude paisible.
(1 Tim 2:9-12)

Plusieurs éléments peuvent faire grincer des dents ici. D’abord l’injonction pour les femmes de s’habiller de manière décente. Puis la soumission dans l’enseignement. Enfin, et c’est probablement le passage le plus choquant à nos oreilles occidentales du 21e siècle, l’interdiction d’enseigner et de dominer sur l’homme. Mais de nouveau, posons-nous la question : dans quel contexte historique et littéraire Paul écrit-il cela ?

Le chapitre 2 de la première lettre à Timothée traite de la prière. D’ailleurs, le verset 8 donne des indications pour les hommes sur la manière dont ils doivent prier. « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu en élevant des mains pures, sans colère ni arrière-pensées. » Relevons ici que Paul donne une affirmation positive (« en élevant des mains pures »), suivie d’une affirmation négative (« sans colère ni arrière-pensées »). Il en va de même pour les femmes qui sont appelées à prier « de manière décente » (affirmation positive), « non avec des tresses, de l’or, des perles ou des toilettes somptueuses » (affirmation négative). Ces instructions ne sont pas normatives, mais valables uniquement pour la prière. D’autre part, ce n’est pas le fait d’être belle ou non qui est en jeu, mais la manière de le faire. L’excès de parures est à prohiber, car en Christ, la valeur d’une femme se mesure autrement.

Sur la question de l’enseignement, Paul innove ici, invitant les femmes à recevoir une instruction, tout comme les hommes. La société méditerranéenne ne donnant pas d’instruction aux femmes, c’est aux mains des hommes qu’est la connaissance. Ils sont néanmoins invités à transmettre ce savoir à leurs femmes dans le cadre de la communauté chrétienne, et les femmes sont appelées à se mettre à l’écoute. De plus, la communauté à laquelle cette lettre s’adresse est une communauté sous pression de la société dominante pour se conformer aux coutumes et modes de fonctionnements patriarcaux. Il s’agit alors de ne pas trop de faire remarquer.

La femme tomba dans la transgression

En effet, Adam a été formé le premier, Eve ensuite. Et Adam n’a pas été trompé, alors que la femme, trompée, s’est rendue coupable d’une transgression. Cependant, elle sera sauvée à travers sa descendance si elle persévère avec simplicité dans la foi, l’amour et la progression dans la sainteté.
(1 Tim 2:13-15)

Paul semble ici contredire les propos qu’il tient en Rm 5:12 : « de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché. » Si ici Paul insiste sur la responsabilité de la femme dans la chute, il insiste sur la responsabilité de l’homme ailleurs. De nouveau, l’insistance sur l’un ou l’autre aspect est à prendre de manière circonstancielle. Si l’on veut rassembler les différents éléments à propos de la chute, cela donne ceci « La femme a été trompée par le serpent, et l’homme a fait entrer le péché dans le monde ».

Mais pourquoi dire que la femme « sera sauvée à travers sa descendance » ? Il serait faux de lire ici que la maternité serait une condition de salut pour la femme. Paul a en effet répété en de nombreux endroits le salut par la foi seule. Plusieurs interprétations sont ici possibles. 1) Nous sommes ici en présence d’une référence à la croyance que la maternité avait un pouvoir de guérison pour la femme. 2) Paul apporte une réponse à la question du salut de la femme qui meurt en mettant au monde son enfant. 3) Paul emploie l’image de la persévérance de la femme qui porte un enfant et le met au monde pour parler du salut. 4) Paul cherche à combattre une prédication encourageant à l’abstinence au sein du mariage. Cette dernière possibilité semble être la plus plausible, d’autant plus que 1 Tim 2 se trouve comporter de multiples enseignements, apportés par Paul car « certains se sont écartés de cette ligne et se sont égarés dans des discours creux. Ils veulent être des professeurs de la loi, mais ils ne comprennent rien à ce qu’ils disent ni à ce qu’ils affirment avec assurance. » (1 Tim 1:6-7)

Femmes, soyez soumises à vos maris

Femmes, soumettez-vous à votre mari comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Eglise qui est son corps et dont il est le Sauveur. Mais tout comme l’Eglise se soumet à Christ, que les femmes aussi se soumettent en tout à leur mari.
(Eph 5:22-24)

Voilà un grand classique pour terminer en beauté ! Avez-vous déjà lu le passage dans son contexte littéraire immédiat ? Essayez, c’est très instructif !

21 soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Dieu.22 Femmes, soumettez-vous à votre mari comme au Seigneur, 23 car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Eglise qui est son corps et dont il est le Sauveur. 24 Mais tout comme l’Eglise se soumet à Christ, que les femmes aussi se soumettent en tout à leur mari. 25Maris, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Eglise. Il s’est donné lui-même pour elle 26 afin de la conduire à la sainteté après l’avoir purifiée et lavée par l’eau de la parole, 27 pour faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. 28 C’est ainsi que les maris doivent aimer leur femme comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même29 En effet, jamais personne n’a détesté son propre corps. Au contraire, il le nourrit et en prend soin, tout comme le Seigneur le fait pour l’Eglise 30 parce que nous sommes les membres de son corps, [formés de sa chair et de ses os]. 31 “C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’un.” 32 Ce mystère est grand, et je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise. 33Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même et que la femme respecte son mari. 

Les versets 21 et 33 qui encadrent cet enseignement sur les rapports conjugaux appellent clairement à la réciprocité au sein du couple. Si les femmes sont appelées à être soumises à leur mari, il ne s’agit donc pas d’une soumission servile ou avilissante, mais d’une attitude de service. Et il en va de même pour le mari. Je souhaite aller plus loin encore. Que devons-nous penser du fait qu’alors que seulement 3 versets sont adressés aux femmes, il n’y en a pas moins de 7 adressés au mari ? Si Paul enseigne sur ce qui pose problème dans les communautés à qui il écrit, cela signifie-t-il que les hommes ont plus de difficultés à être des maris dignes, et requièrent donc un enseignement plus long de la part de Paul ? Et encore, alors que la femme doit être soumise à son mari, comment les maris doivent-ils réagir à l’injonction d’aimer leur femme comme le Christ a aimé l’Eglise ? Je vous rappel que le Christ a donné sa vie sur la croix, « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jean 3:16)

Tout un programme, donc, qui s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes !

Conclusion

Après ce rapide parcours des textes cités par le Professeur Olivier Bauer dans son article, il apparaît qu’ils ne sont pas si scandaleux que ça. Ou plutôt si, ils ont une dimension scandaleuse, mais elle ne porte pas sur ce que nous pouvions penser. Paul apporte une vision de la femme, et du rapport homme-femme, résolument nouveau par rapport aux modèles de société dans lesquelles les premières communautés chrétiennes étaient insérées. Certes, 2000 ans se sont écoulés, et ce qui étaient une progression majeure peut apparaître aujourd’hui comme une régression. Mais les textes pauliniens cités ici, n’ont rien de normatifs, et appellent globalement à une valorisation de la femme au sein des communautés chrétiennes. On pourrait donc presque le catégoriser comme féministe différentialiste !

De manière plus générale, nous avons aussi vu l’importance de situer les textes bibliques dans leur contexte, et qu’une telle contextualisation n’impliquait pas nécessairement une dévaluation du texte biblique, mais peut au contraire aider à le revaloriser. Ainsi, je respecte la Bible comme étant la Parole de Dieu, et je respecte les femmes comme étant des créatures de Dieu.

Pasteur dans l'EPG, je partage ici diverses réflexions, prédications et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

13 Comments

  • Béréenne attitude

    Merci pour votre article. Je viens aussi de « tiquer » à celui d’Olivier Bauer. A noter que Paul a écrit: quand elles prient ou prophétisent et au chapitre 14, chacun est encouragé à prophétiser, c’est à dire instruire, exhorter, etc, toujours selon Paul dans cette même lettre! 🙂

    Je lui réponds ceci: Soit je respecte la Bible, soit je respecte les femmes, mais je ne peux pas respecter les deux en même temps …

    … ou bien vous pourriez trouvez aussi éventuellement d’autres textes sous la plume de Paul (et dans les évangiles) ou encore dans Jean qui respectent infiniment les femmes … et parler des femmes dans les assemblées dans l’histoire des 300 premières années, avant qu’elles ne soient évincées, non pas par le NT mais par certains conciles …

    L’information serait bénéfique pour plusieurs mouvements évangéliques …

    Généralement, ceux qui relèvent ces textes, ne parlent pas de la femme apôtre Junia, ou encore de Lydie et de l’église de sa maison, ne font aucun parallèle entre Jean 3 et 4 (Nicodème et la Samaritaine)(après avoir lu ces textes indépendamment des « traditions d’interprétation », s’entend) , ne se posent pas la question: et une fois instruite à la maison, que fait une femme … ou encore relevez ce que veut réellement « kyria » dans la salutation de Jean, au début de sa deuxième épitre, etc, etc.

    Vous relevez (à juste titre) ce sujet. Vous soulignez ce que est déjà souligné et donc connu par plusieurs. Un prochain article avec des informations concrètes permettraient de dépasser ses « traditions » aux personnes, notamment aux femmes de ses assemblées, et en premier à leur responsables, non? Avant 20 ou 50 ans ! 😉

    • golazphil

      Merci pour votre commentaire. En effet, d’autres textes portent un regard beaucoup moins polémique sur la femme. J’ai ici souhaité me concentrer sur les 5 textes cités dans l’article auquel je réponds. J’avais hésité il y a quelques temps à écrire un article plus général sur le rôle des femmes dans la Bible, en tenant compte de plus de textes du NT qu’ici, et également de quelques passages de l’AT (les livres de Ruth et d’Esther sont particulièrement intéressants!). Peut-être que j’aurais l’occasion de le faire prochainement. Avant 20 ou 50 ans 😉

  • Béréenne attitude

    Et si on commençait par le commencement, c’est à dire traduire correctement les textes de Paul ? En 1 Corinthiens 14 :35, ce n’est pas quelque chose mais quelqu’un. Tis, en grec pronom indéfini, est traduit partout ailleurs par quelqu’un (ou par personne) dans le NT. Aussi s’instruire dans une maison (car ce n’est pas à la maison) au sujet de quelqu’un et non pas de quelque chose, change absolument tout ce qu’on a pu dire à ce texte. Un chrétien a découvert cette erreur de traduction. Je viens d’en prendre connaissance cette semaine. En regardant ce que les autres termes de ce texte disent de plus près, nous découvrons un Paul soucieux de prendre soin des uns et des autres, des femmes en particulier. Je vous laisse lire de vous même ce texte dans sa langue d’origine. De mon côté, je n’en reviens toujours pas ! J’espère que vous non plus, vous ne vous en remettrez pas !

    • golazphil

      Bonjour et merci de votre commentaire. En 1 Co 14:35 c’est plus précisément le terme « ti » (forme neutre) qui est employé et non pas « tis » (forme masculine). En effet, on traduit généralement « tis » par « quelqu’un » (ou un synonyme) alors que « ti » est traduit par « quelque chose » (Mc 8:23) ou « que » ou encore « ce que » (Mt 18:28). Selon qu’il est sous sa forme masculine ou neutre, il est à traduire différemment.
      Prenons par exemple Matthieu 21:3 qui lit ceci en grec : « καὶ ἐάν τις ὑμῖν εἴπῃ τι » (kai ean tis umin eipè ti). Nous traduisons en français : « Si quelqu’un vous dit quelque chose » (Trad. Segond 21). Littéralement et mot à mot, cela se traduit ainsi : « et si quelqu’un à vous dit quelque chose ». Les deux termes ont donc bien deux fonctions et deux sens différents, et il n’y a pas de raison de changer la manière dont le texte que vous mentionnez est habituellement traduit.

      Sinon, je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous évoquez le soucis de Paul que nous prenions soin les uns des autres, et des femmes en particulier !

      En Christ

      • Béréenne attitude

        Source de la traduction de TI : Liddell-Scott-Jones greek lexical. Ce dictionnaire indique : TI se traduit par quelque chose, lorsque la chose est mentionnée auparavant. Ce dictionnaire ne dit pas que le neutre ou le masculin déterminerait la signification de TI. En 1Co14:35, il n’y a pas de chose écrite dans les phrases précédentes à laquelle TI pourrait se rapporter. C’est pourquoi la traduction est quelqu’un

      • Philippe Golaz

        « Est-ce que les 8 grecs de base, Receptus Sinaiticus, etc n’ont que deux lettres ? » Oui, il n’existe aucune variante de texte qui aurait « tis » au lieu de « ti ».

        Concernant votre citation du Liddell-Scott, bien que j’utilise le Thayer je suis allé jeter un oeil au LSJ et je n’ai rien trouvé qui vienne confirmer votre proposition de traduction. Pourriez-vous m’indiquer la référence exacte de l’article que vous citez ? Cependant, « tis/ti » étant un pronom indéfini (et pas un article indéfini!), il n’y a pas à chercher d’élément auquel « ti » devrait se référer. Il s’agit bien de « quelque chose », qui n’est pas défini. Il n’y a, selon moi, aucune raison de traduire cela différemment. Deux éléments de plus viennent renforcer ce choix de traduction. Premièrement le sens général du texte. Le texte perd du sens si l’on traduit par « quelqu’un », car on y introduit l’idée qu’il y est question de s’exprimer sur une personne, idée qui n’apparaît ni dans les versets précédents, ni dans les versets suivants. Deuxièmement, la présence d’un « tis » qui se traduit par « quelqu’un » au verset 37 « Si quelqu’un croit être prophète ou dirigé par l’Esprit, qu’il reconnaisse dans ce que je vous écris un commandement du Seigneur. » Ainsi, nous savons que l’auteur connais deux usages différents pour « tis » et « ti » respectivement, et il n’y a pas lieu de penser qu’il aurait commis une erreur à un endroit ou un autre.

    • Philippe Golaz

      Si Strong indique « tis », c’est parce qu’en grec, nous faisons référence à la forme nominative, masculin singulier du terme employé, afin de faciliter la recherche. A nous ensuite d’identifier dans le grec la forme exacte employée dans notre texte. En cliquant sur l’hyperlien de « tis », on tombe sur une page qui cite toute une série de versets dans lesquels « tis » est employé sous une forme ou une autre, malheureusement sans jamais préciser quelle forme est employée. On constate néanmoins qu’il est parfois traduit par « quelqu’un » (tis dans le grec), parfois par « quelque chose » (ti dans le grec).

      De mon côté, je regarde dans le Nestle-Aland 28. (https://www.nestle-aland.com/en/read-na28-online/)

      • Béréenne attitude

        Oui. Merci.

        Depuis hier j’ai trouvé toutes les occurrences avec TI et toutes les occurrences avec TIS.

        Et un bon dictionnaire.

        Pour les 8 grecs de base, vous n’avez pas repondu.

        Maintenant, il y a tout le contexte immédiat comme interroger son mari à la maison par exemple.

        Et le contexte des chapitres 11, 12 et 14. Et plus loin l’ensemble des écrits de Paul. Et plus loin encore, l’ensemble de l’attitude et des dires de Jésus.

        Avec quelqu’un à la place de quelque chose, l’entier du contexte immédiat concorde. Et cela correspond à tous les autres écrits de Paul. Et aux « ressentis » de très nombreux chretiens à toutes les époques. Les Vaudois entre les débuts de l’église et 1500 et plus, L’armée du salut dans les années 1850, etc.

      • Philippe Golaz

        Sisi, j’ai bien répondu à votre question sur les manuscrits grecs. Aucune variante n’existe, et tous sont d’accords 🙂

        Qu’entendez-vous quand vous parlez du ressenti de nombreux chrétiens ? Il faut faire attention à ne pas forcer une traduction sur un texte qui est pourtant clair, afin de satisfaire à notre ressenti.

  • Béréenne attitude

    Les Vaudois jusqu’au années 1500 (et plus)

    Sinon, en connaissant 2 ou 3 choses sur d’autres textes (et manuscrits) concernant les femmes, Nyhpha par exemple, qui dans la première Kong James (1611) est une femme mais qui soudain devient un homme dans cette même Kong James, justement lorsque L’armée du Salut donne de la place aux femmes …

    Aussi, je reste convaincue que quelqu’un est bien le bon terme.

    Je pense que même une équipe composée de linguistes, traducteurs et autres érudits puissent affirmer formellement que c’est « quelque chose* ! Soyez beni !

  • Béréenne attitude

    J’ai fait quelques recherches. Selon les occurrences de PI et PIS que nous retrouvons tous très facilement sur Internet, je vous donne raison pour la grammaire. PI signifie « quelque chose » dans tout le NT.

    Pour les variantes de texte par contre, plusieurs affirment que le passage entier est un ajout tardif. Selon quels critères, je n’ai pas trouvé. Je présume qu’il faut obligatoirement acheter les livres qui en parlent pour savoir ?

    Aussi, ce passage avec une et unique lettre différente signifie tout autre chose. Nous savons de façon certaine que les femmes parlaient au début des églises. Les conciles qui ont statué sur leur silence, dès après les années 300, le démontre en eux-mêmes. La question ne se serait jamais posée, si les femmes étaient de tout temps silencieuses.

    Je vous invite largement à relire ce texte avec PIS, et la signification précise (et parfois simplement possible) du contexte immédiat.

    Soyez beni !

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