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Prédication: Soyons des Siméon!

Luc 2:25-35

Il y a quelques jours, nous avons célébrés la naissance de Jésus, et nous voilà réunis au Temple de Renens. De même, quelques jours après la naissance de Jésus, Joseph et marie se sont eux aussi rendus au Temple de Jérusalem pour y présenter Jésus et accomplir le sacrifice prescrit dans la Loi de Moïse. En arrivant au Temple, ils y font la rencontre de Siméon, et ce matin nous allons cheminer avec Siméon. Cette figure de Siméon est particulièrement intéressante pour nous, qui venons de vivre dans l’Avent un temps d’attente et de préparation à la venue de Jésus dans nos vie, que Siméon lui aussi a vécu un temps d’attente. Mais bien plus long que quelques semaines. Il nous est dit que Siméon est un personnage déjà bien avancé en âge. Il était « juste et pieux », et « il attendait la consolation d’Israël ». Cela nous dit à la fois l’attente dans laquelle il était, l’attente de toute une vie, mais cela nous dit également sa fidélité dans l’attente, la patience dont il faisait preuve. Malgré les années à attendre la venue de cette « consolation d’Israël », il est resté « juste et pieux », il est resté fidèle à Dieu, attaché à Lui, faisant confiance que cette promesse qu’il avait reçue, celle de ne pas mourir avant d’avoir vu le Messie, serait accomplie. Il savait qu’il serait amené à rencontrer le Messie. Le texte nous donne encore une autre information au sujet de Siméon. Il nous est dit que « l’Esprit Saint était sur lui ». Un jour donc, qui devait a priori ressembler à un autre, Siméon fut poussé par cet Esprit à venir au Temple. Nous ne savons pas s’il a entendu une voix lui disant de s’y rendre, ou si c’est par une pensée que cela lui a été suggéré. Quoi qu’il en soit, c’est cet Esprit Saint qui reposait sur lui qui l’a conduit ce jour-là jusqu’au Temple.

Le texte biblique nous dit « il vint au Temple poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qui était en usage d’après la loi, il le reçut dans ses bras et bénit Dieu ». Cela va un peu vite ici je trouve. Si nous nous mettons à la place de Siméon, qui se rend au Temple de Jérusalem, avec toute l’effervescence qui y régnait, toutes les personnes qui s’y trouvaient pour accomplir différents rites, on a au milieu de toute cette effervescence d’un côté Siméon qui attend la venue du Messie, et de l’autre Jésus qui est un enfant de quelques jours accompagné de ses parents. Siméon, qui attend le Messie, est-ce qu’il attend réellement un enfant tout juste né, encore fragile, dépendant de ses parents ? Comment peut-il reconnaître au milieu de tout ce monde et dans cette petite chose qu’est un enfant de huit jours le Messie tant attendu ? De nouveau, c’est cet Esprit Saint qui reposait sur lui qui lui aura montré Dieu dans cet enfant, qui lui aura indiqué que cet enfant Jésus est le Messie qu’il attendait. Non seulement Siméon avait l’Esprit Saint, mais il était également à l’écoute de cet Esprit, à l’écoute de ce que Dieu lui disait à travers le Saint Esprit. C’est par son écoute de Dieu, par le fait qu’il était constamment attentif à Dieu, c’est en cela qu’il est « pieux », parce qu’il cherche constamment Dieu, que Siméon est en mesure de Le reconnaître dans quelque chose d’aussi petit et fragile qu’un enfant tout juste né.

A nous donc, d’être également attentifs à Dieu, à l’écoute de ce qu’Il nous dit à travers l’Esprit Saint qu’Il a mis en nous, afin que nous puissions le reconnaître là où il se montre à nous, et c’est dans les petites choses qu’il se donne à connaître, il se donne à nous dans la fragilité. Et cela demande d’être à l’écoute de Dieu, pour pouvoir le reconnaître dans la fragilité d’un enfant. Comme Siméon soyons fermes et constants dans l’attente, soyons fidèles et patients, tout en restant attentifs à l’Esprit Saint qui est en nous. Quand le dimanche matin naît en nous l’idée, l’envie, de venir au culte, alors que ce serait tellement plus agréable de faire la grasse matinée, c’est l’Esprit Saint en nous qui nous encourage à venir louer Dieu et à nous mettre à l’écoute de Sa Parole. Quand soudainement nous vient à l’esprit une intention de prière, ne taisons pas cette idée, ne la remettons pas à plus tard non plus, c’est l’Esprit Saint qui nous appelle à prier. Soyons attentifs à l’action de l’Esprit en nous.

Revenons-en à Siméon, car le récit ne s’arrête pas là. Il reconnaît en Jésus ce Messie qu’il attendait, et que fait-il ensuite ? Il le reçoit dans ses bras. Comment fait-on pour recevoir un enfant dans ses bras ? Tout d’abord, on ne peut pas avoir les bras occupés avec d’autres choses, il faut lâcher tout ce qui nous encombre. Ensuite, c’est le deux bras ouverts et tendus que l’on reçoit l’enfant, et avec les deux bras on l’amène contre nous, tout contre nous, contre notre cœur. Et une fois qu’on le tient contre nous, nous devons focaliser toute notre attention sur cet enfant que l’on tient contre nous pour ne pas le laisser tomber. C’est comme cela que Siméon a reçut Jésus, et c’est comme cela aussi que nous devons le recevoir, comme on reçoit un enfant, en se débarrassant de tout ce qui nous encombre et nous gène, pour pouvoir l’accueillir les bras ouverts, avec les deux mains, et une fois qu’on le tient au plus près de nous, faire attention à ne pas le laisser tomber en nous laissant distraire par autre chose. Ensuite, cet enfant Jésus va grandir en nous, et nous avec lui.

Avec Siméon nous avons été attentifs à l’Esprit qui agit en nous, grâce à lui nous avons reconnus la grandeur de Dieu dans la faiblesse d’une enfant, et cet enfant nous l’avons accueillis, recueillis les bras grands ouverts. Ce n’est qu’une fois qu’il tient l’enfant Jésus que Siméon ouvre la bouche. Jusque là il n’a pas dit un seul mot. Et les mots qu’ils prononcent sont ici adressés à Dieu, il Lui adresse une louange. C’est ce qu’on appelle dans la tradition le cantique de Siméon, le nunc dimittis. Il dit en substance « maintenant je peux mourir ». Après avoir vu et vécu cela « je peux mourir, rien d’autre ne saurait également cela ». C’est quelque chose que l’on retrouve dans le langage populaire. Dire « après ça je peux mourir » après avoir vécu quelque chose de grandiose, d’exceptionnel, est plutôt courant, et c’est exactement ce que dit Siméon. Rien ne peut venir rivaliser avec le fait de rencontrer le Messie, de recevoir dans sa vie Jésus. Après cela, on peut bien mourir, sans aucun regret.

Recevoir dans sa vie Jésus, rencontrer ainsi Dieu lui-même qui se fait faible pour rencontrer les hommes, a un effet, la louange. C’est quelque chose de tellement exceptionnel, de tellement grandiose, qui nous dépasse tellement en tant qu’homme, que l’on ne peut rien faire d’autre si ce n’est loué Dieu pour cet acte d’amour fait envers les hommes.

Vivons donc comme Siméon. Soyons fidèles dans l’attente, soyons à l’écoute de l’Esprit, recherchons Dieu constamment, exerçons nos yeux à le percevoir là où il se cache, recevons Jésus comme on reçoit un enfant, libre de tout encombrement, prenons soin de ne pas le laisser tomber, de ne pas nous laisser distraire, et que notre vie, comblée par le Christ, soit une louange à Dieu.

AMEN

Prédication du culte du 29 décembre 2013 à Renens et à Crissier.

 

golazphil

Etudiant en Master de théologie à Lausanne, je partage ici diverses réflexions et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

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