0

Prédication: L’appel de Gédéon

Juges 6:11-18

Cet appel de Gédéon est une histoire plutôt étonnante je trouve.
Déjà, qui est-il, ce Gédéon ? Le texte nous dit qu’il fait partie du clan le plus faible, et il est le plus jeune de sa fratrie. En plus, il se cache pour battre le blé dans la cuve à fouler le raisin, pour passer inaperçu des madianites. Cela se faisait normalement dans un lieu exposé au vent, pour que la bale soit emportée. Mais Gédéon se cache dans le pressoir creusé à même la roche pour que les madianites ne viennent pas lui voler sa récolte, il a peur d’eux. C’est quelqu’un de plutôt banal en fin de compte. Il n’est ni quelqu’un d’important dans sa famille, ni dans le clan, et encore moins pour le peuple d’Israël tout entier.

L’ange accompli un miracle pour Gédéon.

Et pourtant, c’est vers lui que vient cet ange de Dieu, cet envoyé céleste. C’est à lui que Dieu choisit de confier une mission. Et pas n’importe quelle mission ! Il lui demande d’aller sauver Israël. On peut comprendre que Gédéon ait quelques réticences. Il se voit en effet comme étant le plus jeune de sa famille, et faisant partie du clan le plus faible. Il n’a rien d’un chef militaire ou politique, ni même d’un guerrier. Si Gédéon se rebelle un peu c’est contre Dieu lui-même, dans un premier temps, et pas vraiment contre ces madianites. Pourtant le messager s’adresse à lui en disant «Le Seigneur est avec toi, vaillant guerrier ! ». L’image du vaillant guerrier et la description qui nous a été faite de Gédéon ne collent pas vraiment ensemble. Et Gédéon sait bien qu’il n’est pas un vaillant guerrier, et il montre des réticences à accomplir cette mission. Face aux réticences de Gédéon Dieu le rassure en lui assurant qu’Il sera avec lui, que Gédéon ne sera pas seul pour accomplir sa mission.

Dieu dit deux choses : « Va avec cette force qui est la tienne » et « Je serai avec toi ». Il dit à Gédéon qu’il a une force en lui, malgré sa petite position au sein du peuple, si petite soit-elle. Une force suffisante pour accomplir la mission que Dieu lui confie. Et pour le reste, Dieu lui fait la promesse, lui donne l’assurance, qu’il est à ses côtés pour l’aider, pour lui donner ce dont il aura besoin pour libérer le peuple d’Israël.

Si l’on nous présentait la situation et que l’on nous demandait de choisir quelqu’un pour libérer ce peuple, Gédéon serait bien le dernier que l’on choisirait. Et si nous étions le peuple, et que l’on nous présentait Gédéon pour nous libérer, on rigolerait bien.

Qu’est-ce qui se joue ici ?

Il y a deux points de vue, celui que Gédéon a de lui-même, et ainsi n’importe quel homme, et celui de Dieu. Ce sont deux visions, complètement différentes qui se confrontent. On trouve d’autres récits dans la Bible où Dieu choisit les plus jeunes ou les plus faibles pour accomplir ses plans. Il s’agit ici pour Gédéon d’accepter que Dieu porte un regard différent sur nous, un regard qui nous dépasse, que l’on ne peut pas comprendre du premier coup. Il voit plus loin que les hommes. Il voit ce que Gédéon peut accomplir avec cette force qui est la sienne. Est-ce que c’est une grande force ? Non, c’est une petite force, la plus petite. Mais Gédéon en est conscient, et ainsi il se laissera transformer par Dieu, il lui laissera agir. Si Dieu avait choisir quelqu’un de fort, probablement que cet autre personnage, plus apte à accomplir cette mission d’un point de vue humain, aurait agit de son côté, seul, sans laisser Dieu agir. Mais Gédéon sait qu’il ne peut pas y arriver seul, que pour accomplir la mission que Dieu lui a confiée, il doit Lui laisser une place.

Il doit avoir confiance en ce que Dieu lui fait la promesse d’être à ses côtés, et qu’avec Lui, il sera en mesure de libérer Israël.

Là où Gédéon voit une faiblesse, Dieu, Lui voit une force !

Mais qu’en est-il pour nous, maintenant ?

Nous ne nous appelons pas Gédéon et nous ne sommes pas en territoire occupés par des Madianites non plus.

Pourtant tout au long de notre existence, nous nous retrouvons avec des missions, que Dieu nous confie, et qui ne semblent pas faite pour nous, qui semblent être hors de notre portée, pour lesquelles nous ne sommes pas fait, et l’on aimerait bien qu’il y ait quelqu’un d’autre, de plus compétent, pour le faire à notre place.

Mais quand c’est Dieu qui nous le demande, il faut avoir confiance en le fait que, comme pour Gédéon, malgré notre faiblesse, malgré notre petitesse, et même grâce à notre faiblesse et notre petitesse, Dieu peut agir en notre faveur, agir à travers nous, nous aider à vaincre ces épreuves. Par exemple pour préparer cette prédication, ce texte me parlait en ce sens, me disant que je suis en mesure de le faire, car Dieu me fait la promesse, me donne l’assurance qu’Il est à mes côtés. C’est un enseignement qu’il faudrait aussi donner aux jeunes, quand ils décident de s’engager comme JACKs (Jeunes accompagnants de camps et de caté), ou dans un groupe de jeunes paroissiens, pour leur faire entendre que même à 15-16 ans, en sortant du catéchisme, il peuvent eux aussi accomplir quelque chose pour Dieu, car Il est à leur côtés. Et il y en a d’autres d’exemples.

Lors de l’entrée au Conseil de Paroisse.

Quand on s’engage à faire les visites des personnes qui fêtent leurs 80 ans. Quand on choisit de devenir lecteur pour quelques dimanches par an.

Voilà quelques exemples qui nous sont proches, mais on pourrait en trouver une infinité à mon avis.

Alors tout à l’heure, quand nous repartirons dans nos maisons, apprenons à accepter ce regard différent que Dieu porte sur nous, laissons-le faire de nos faiblesses des forces, tout ça dans l’assurance qu’il nous dit, tout comme il a dit à Gédéon, « Je serai avec toi ».

AMEN

Cette prédication a été préparée dans un premier temps lors d’une formation d’homilétique donnée à l’intention des étudiants en théologie, avant d’être « mise en pratique » le 1er juillet 2012.

golazphil

Etudiant en Master de théologie à Lausanne, je partage ici diverses réflexions et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

Laisser un commentaire