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Le droit inaliénable à avoir un enfant

L’idée qu’il y ait un droit inaliénable à avoir un enfant, est une erreur caractéristique d’une époque où il nous est de plus en plus difficile de faire la différence entre nos désirs et nos droits. S’il est tout à fait sain et naturel d’avoir un désir d’enfant, revendiquer un droit à l’enfant pose un certain nombre de problèmes.

  • Le droit à l’enfant supplante les droits de l’enfant, qui eux, devraient toujours êtres prioritaires sur les droits et désirs des adultes. Postuler qu’il existe un droit à l’enfant, revient à nier les droits de l’enfant. Et en niant les droits de l’enfant, nous mettons en danger son bien être, sa capacité de se développer dans un cadre sain et équilibré, la possibilité pour l’enfant d’être et d’exister de manière indépendante par rapport aux attentes et désirs des parents.
  • En élevant le soi-disant droit à l’enfant en droit inaliénable, nous en venons alors à justifier tous les moyens, toutes les mesures et toutes les méthodes qui permettraient d’assouvir un désir d’enfant. Il en va ainsi de la pression qui est faite pour légaliser la gestation pour autrui (GPA). C’est ce qui a amené le peuple suisse à voter en faveur du diagnostique pré-implantatoiree (DPI) où l’on franchi un pas de plus, celui du droit à avoir un enfant parfait (selon quels critères, je vous le demande!). L’enfant devient alors objet d’un désir qu’il est appelé à satisfaire, il est reçu comme un dû, et non plus comme une grâce.
  • Parallèlement, transformer ce désir en droit peut conduire à beaucoup de frustration pour les personnes ou les couples qui rencontrent des difficultés à avoir un enfant. Ces difficultés peuvent être médicales mais aussi légales, et l’on cherchera alors à passer outre ces difficultés, sans prendre le temps nécessaire de réfléchir à si l’on devrait le faire ou non, et cela au nom d’un droit qui n’en est pas un.
  • Si droit il y a, il n’intervient qu’avec la venue de l’enfant. Avoir un enfant implique d’avoir des droits (mais aussi et surtout des devoirs), et ces droits ne sont ni inaliénable, ni intemporels. On peut être déchu de ses droits si l’on se soustrait à ses devoirs envers l’enfant, et les droits des parents envers l’enfant sont limités dans le temps, ne s’appliquant que pour une courte durée à l’échelle de la vie d’une personne. Mais cette courte période initiale où l’enfant est soumis à ses parents est une période critique, et nous ne sommes pas en droit de la mettre en danger pour satisfaire à tout prix des caprices d’adultes.

Nous ne devons pas élever nos désirs en droits, et nous ne devons pas non plus nous servir des enfants comme cobayes pour mener nos petites expériences. La liberté de chacun a ses propres limites, et dans la question de la parentalité, c’est bien la liberté des adultes qui est à limiter prioritairement et non celle de l’enfant. Avoir un enfant n’est pas un droit que tout un chacun pourrait et devrait revendiquer, mais une grâce qui nous est faite.

golazphil

Etudiant en Master de théologie à Lausanne, je partage ici diverses réflexions et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

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