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Avent : Mais qu’est-ce qu’on attend ?

Textes du jour :
Esaïe 40:9-17
2 Pierre 3:8-14
Marc 1:1-8

Qu’est-ce qu’on peut être impatients parfois quand-même ! Il paraît qu’on est de plus en plus impatients. Et pas que pour Noël, mais pour toutes sortes de choses. C’est pas moi qui le dit, c’est les journalistes à la télé. On est dans l’ère du zapping, du fast food, de l’immédiat, de l’internet ultra-rapide (on vient de nous installer la fibre optique à la maison, c’est vrai que ça change !).

A la télévision, on attend pas qu’arrive l’heure de diffusion de sa série ou de on film préféré, avec la vidéo à la demande, on a immédiatement accès à tout, quand on veut, où on veut. Bon, c’est pas tout à fait vrai, on doit quand même attendre parfois.

On attend le train, sur le quai. Même que parfois il a 2 minutes 30 de retard, alors on rouspète contre l’ex-régie fédérale. « Quel scandale ces trains qui sont pas à l’heure ! Pour le prix qu’on paie son billet, quand même ! » Quand on doit appeler le service client de Conforama ou de Swisscom et qu’on nous met en attente, ça dure des heures ! Bon, quand on regarde sa montre et on réalise que ça fait que 3 minutes et 6 secondes en fait. A la Migros, on essaie tous de trouver la caisse qui sera la plus rapide, où on aura le moins besoin d’attendre. 1 fois sur 2 on se fait avoir, et on se retrouve derrière cette personne qui paie 142.15 CHF en petite monnaie, et veut absolument avoir le montant exact. Et ça nous énerve, on s’impatiente, on trépigne. Attendre, on aime pas trop ça. C’est pénible, ennuyeux, on sait pas trop quoi faire quand on attend, et on se dit qu’on pourrait faire tellement plus, si on passait moins de temps à attendre.

Nous sommes pourtant, en plein temps de l’Avent. L’Avent, c’est le temps de l’attente par excellence ! 4 semaines d’attentes complètes ! Tout ça !

Mais qu’est-ce qu’on attend ? La fête de Noël ? Les cadeaux ? Les réunions de famille ? On attend de pouvoir enfin quitter le travail pendant une semaine et se reposer ? De pouvoir enfin chausser les skis et dévaler les pistes enneigées ?
Il y a sûrement un peu de tout ça en chacun de nous. Plein de bonnes et de belles choses. Mais rien de tout cela n’appartient au coeur de ce qu’est l’Avent.

On me disait jeudi soir, que l’Avent, c’est l’attente de la naissance de Jésus. Pourtant, il est déjà né, Jésus. C’était il y a 2000 ans, ça.

Jean le baptiste, lui, attendait effectivement la venue de Jésus. Dans son attente, il était tout sauf passif. Rien à voir avec l’attente que ce soit notre tour à la caisse de la Migros. Il se préparait et préparait les gens de Jérusalem et de toute la Judée à la venue de Jésus. Ce n’est pas une préparation physique, comme on prépare la table lorsque l’on reçoit des invités. C’est une préparation intérieure, spirituelle qui tient en deux mots- clés : repentance et baptême. Voilà la préparation à la venue de Jésus qu’opérait Jean baptiste.

Donc comme Jésus est déjà né, à quoi est- ce que nous on peut bien se préparer ?
La naissance de Jésus va de pair avec un autre événement important de sa vie, soit sa mort et sa résurrection. Noël n’a pas de sens, si il n’y a pas aussi Pâques. Sans Pâques, on ne fêterait tout simplement pas Noël, on n’aurait pas ce magnifique sapin dans le temple de Satigny, tout simplement parce que le temple de Satigny n’existerai pas. La résurrection nous donne l’assurance que Jésus reviendra. Voilà un événement concret que l’on peut attendre aujourd’hui. Voilà un événement concret auquel on peut se préparer. A force d’attendre, l’humanité a perdu patience. Déjà en l’an 60 et des poussières, quand Pierre écrit sa seconde lettre, il apparaît que certains commencent à s’impatienter. Le fait que Jésus ne soit pas encore revenu est même devenu entre temps un sujet de moqueries. On commence déjà à perdre patience. Pierre rappelle alors que Dieu ne vit pas le temps comme nous, qu’il ne le subit pas comme nous. 1 jour est comme mille ans et mille ans comme 1 jour.

Si le retour de Jésus tarde, c’est que Dieu fait preuve de patience. Il a un projet pour l’humanité, et il reviendra quand son projet sera achevé. Ce projet c’est « qu’aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance. » Nous trouvons ici notre lien avec le texte de Marc, où Jean le baptiste prêchait la repentance comme préparation à la venue de Jésus. La préparation à son retour est d’une nature semblable, et elle passe par la repentance et l’accès à la vie éternelle, celle que l’on reçoit dans l’eau du baptême. Ce projet que Dieu a pour l’humanité, il l’a aussi avec l’humanité. Nous ne sommes pas appelés à une attente passive, mais Pierre nous exhorte à « attendre et hâter la venue du jour de Dieu ». Hâter la venue du jour de Dieu, on ne peut le faire en restant passif. C’est la mission de l’Eglise, et c’est la mission de chaque chrétien. Donner du catéchisme, vivre le culte, visiter les résidents des EMS, parler de notre foi autour de nous, voilà autant d’occasions que nous avons d’hâter cette venue.

Il nous incombe à nous aussi, de préparer la route au Seigneur.

golazphil

Pasteur stagiaire dans l'EPG, je partage ici diverses réflexions, prédications et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

2 Comments

  1. Donner du catéchisme, vivre le culte, visiter les résidents des EMS, parler de notre foi autour de nous, voilà autant d’occasions que nous avons d’hâter cette venue.
    Quelle vision auto-centrée !
    J’aurais de loin apprécié une ouverture telle que faire preuve empathie envers tous nos frères en humanité (pauvres, migrants, handicapés prisonnier etc), soulager les plus démunis par des actions de justice sociale, des actions citoyennes, simplement par ce que l’on choisi d’obéir au commandement suprême aimez vous les uns les autres, veiller au bien-être de la planète qui nous a été confiée sont autant de manière de hâter la venue du Christ et d’achever le projet de Dieu pour notre Humanité. La première mission de l’Eglise est d’ensemencer le monde d’amour vrai, pas de gérer son petit ménage.

    • Merci Plume pour le complément. Chacun est appelé à contribuer à l’avancement du Royaume d’une manière spécifique. Si certains sont appelés à prendre soin du troupeau, d’autres en effet sont aussi appelés à témoigner de l’amour du Christ vers l’extérieur, auprès des pauvres, migrants, handicapés, prisonniers, etc.

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