4

Quand vous priez dites « Notre Père »

Cette saynète a été écrite pour un culte famille. Elle est construite principalement autour du texte de Luc 11,1-13. Vous êtes libres de la reprendre, la modifier, la compléter, etc. Si tel devait être le cas, je serais heureux de pouvoir lire vos améliorations !


A Bethanie, dans un bar

Les personnages sont Jacques, pêcheur et disciple, et Daniel, ancien ami de Jacques. On peut ajouter un/e serveur/euse. 

 

[Jacques entre et s’assied au bar]

Jacques : Un café s’il vous plait !

[Daniel entre et s’assied alors sur le tabouret à côté de Jacques]

Daniel : Je vais vous prendre une pression, merci.

Jacques : [regarde Daniel] Hé, mais c’est toi Daniel ?

Daniel : Jacques ! Quelle surprise de te voir ici ! Comment tu vas ?

Jacques : Ca va très bien, merci. Et toi, quelles sont les nouvelles ?

Daniel : Oh tu sais, j’ai bien fait de quitter Capharnaüm pour m’installer ici à Bethanie. Jérusalem est toute proche, c’est facile d’aller y vendre mes récoltes. A propos de Capharnaüm, tu fais toujours dans le poisson, avec ton frère et ton père ?

Jacques : Non, plus maintenant, avec Jean nous suivons Jésus de Nazareth

Daniel : Oui, j’en ai entendu parler. Comment ça se fait que vous trainiez avec lui ?!

Jacques : Bah il est passé un jour à Capharnaüm, il est venu nous voir et nous a dit « Suivez- moi et je vous ferai pêcheurs d’hommes »

Daniel : Et..?

Jacques : Et … on l’a suivi

Daniel : ah …

[silence]

Daniel : Sinon, j’ai entendu dire qu’il serait le Messie ? C’est vrai ça ?

Jacques : Y a Pierre qui en est vraiment convaincu, moi je sais pas trop. Ce qui est sûr, c’est que quand il nous enseigne sur les Ecritures, il a une vraie autorité, y a quelque chose qui se passe en toi

Daniel : Sur quoi il vous a enseigné dernièrement, par exemple ?

Jacques : Sur la prière

Daniel : Je veux en savoir plus, enfin ! Qu’est-ce qu’il a dit ?

Jacques : Si je me souviens bien, il a dit : « quand vous priez dites : Père, que Ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne ! Donne-nous chaque jour notre pain quotidien. Pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense. Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »

Daniel : [surpris] Père ? Juste Père ? Pas d’autre formule de politesse comme « Ô notre roi » ? Ou « divin Père » ?

Jacques : Non non, juste « Père ». Ça nous a un peu surpris qu’il prenne tant de familiarité

Daniel : [amusé] En même temps, de la part de celui qui prétend être le fils de Dieu !

Jacques : Tu rigoles mais… je crois que tu as raison. Si Dieu s’est fait homme, si il est réellement devenu père, ici sur terre, en Jésus quoi, alors oui, nous pouvons vivre une grande intimité avec Dieu qui nous permet de nous adresser à Lui en disant « Père ».

Daniel : Et qu’est-ce que ça change ?

Jacques : [marque un temps de silence] Dis-moi, si un de tes amis vient te réveiller au milieu de la nuit, et te demande trois pains pour nourrir un de ses amis qui est arrivé de voyage. Comment est-ce que te réagis ?

Daniel : Je m’excuse, mais je vois pas le rapport

Jacques : Ça viendra enfin ! Répond juste à la question

Daniel : Eh bien je ne serai pas très content, c’est sûr. Et j’essaierai de me débarrasser de lui

Jacques : Et s’il insiste ?

Daniel : S’il insiste, je les lui donnerai, ses pains, pour qu’il me fiche la paix !

Jacques : Et maintenant, toi qui es père, c’est juste ?

Daniel : Oui, j’ai un fils

Jacques : Toi qui êtes père, donc, si ton fils te demande du pain, est-ce que tu lui donnerais une pierre ?

Daniel : Certainement pas !

Jacques : Et s’il te demandais du poisson, est-ce que tu lui donnerais un serpent ?

Daniel : Mais enfin, bien sûr que non ! Où est-ce que tu veux en venir avec tes questions ridicules ?

Jacques : A ceci. Tu as reconnu n’être pas si altruiste que ça envers ton voisin, et pourtant, tu sais donner de bonnes choses à ton fils, tu sais prendre soin de lui…

Daniel : [fronce les sourcils] hmm hmm

Jacques : Eh bien en comparaison, on peut avoir confiance que Dieu, le Père avec un grand P, est encore meilleur envers nous, qui sommes ses enfants. N’est-ce pas merveilleux de pouvoir nous adresser à Dieu comme à un Père, bienveillant envers ses enfants ?

Daniel : C’est vrai que c’est tentant ton histoire. Mais tu sais, j’ai jamais eu une relation très facile avec le mien, de père. Alors considérer Dieu comme mon père… j’sais pas…

Jacques : Avant tout, je crois qu’il faut voir ça comme le fait que l’on fait partie d’une grande famille, avec un Père, mais aussi avec un Frère, le fils de Dieu, qui est Jésus. Et d’autres frères et soeurs. En Dieu, tu es mon frère, et toutes ces personnes [montrant l’assemblée] sont nos frères et nos soeurs.

Daniel : Hé bien ! C’est une sacrée histoire que tu vis là ! [marque un temps d’arrêt] Dis, est- ce que tu penses qu’il y a moyen que je …

Jacques : Mais bien sûr ! Viens !

[Les deux se mettent en route]

Jacques : On va rejoindre les autres pour manger. Je crois que pour le diner, Jésus s’est invité chez un lépreux

Daniel : Un lépreux ?!

Jacques : Ouais, enfin, un ex-lépreux qu’il a guéri quoi

Daniel : Il est vraiment spécial ton Jésus

golazphil

Etudiant en Master de théologie à Lausanne, je partage ici diverses réflexions et expériences, en espérant créer la discussion afin que nous puissions nous enrichir mutuellement.

4 Comments

  1. super, bravo! tellement bien de mettre en contexte d’aujourd’hui. J’espère que tu donnes beaucoup de KT.

Laisser un commentaire